Retour sur le workshop à Pratt Institute New York
7 étudiantes en Design à New York
En mars 2026, 7 étudiantes de L3 Design ont participé à un workshop d’une semaine à Pratt Institute New York aux côtés de Juliane Morel, designer et enseignante vacataire. Ce déplacement s’inscrit dans le cadre d’un projet de 2 ans sur le design du soin ; il est financé par le Transatlantic Mobility Program de la Villa Albertine et piloté par Jérôme Aich, designer et enseignant. Elisabeth Ounnas et Audrey Duthieuw, étudiantes, reviennent ici sur cette incroyable semaine

Social et télésanté au cœur du workshop
Les étudiant·es ont travaillé sur un projet soumis par NYU Langone Health, une institution partenaire de Pratt Institute dont les services associent soin, enseignement et recherche. L’une de ses problématiques est de réduire les disparités en matière de santé et NYU accompagne des migrants, des gens en situation irrégulière dans des quartiers défavorisés où il y a moins de cabinets médicaux. Le workshop consistait à travailler à partir d’un outil de téléconsultation par tablette tactile conçu par l’entreprise Tytocare. Ce dispositif pose des problèmes de confiance et d’intimité et la mission des étudiant·es participant au workshop était de travailler sur 2 axes : améliorer l’intimité et communiquer sur le dispositif.



Des équipes mixtes franco-américaines
Le premier jour, les participant·es ont visité un des hôpitaux de NYU et ont reçu un brief dans le centre social de NYU ; un représentant de TytoCare a par ailleurs présenté le dispositif de téléconsultation.
Le lendemain, dans les locaux de Pratt Institute à Brooklyn, des équipes mixtes ont été constituées pour mélanger nos 7 étudiantes et les 15 étudiant·es américain·es. Le workshop de 4 jours était conduit par Ignacio Urbina, responsable du département design industriel et Jeanne Pfordresher, enseignante de design. “Mon groupe a travaillé sur l’intimité sonore”, explique Audrey. “Il fallait trouver un moyen de faire des écouteurs inversés, pour que la personne puisse entendre le médecin, mais qu’on ne puisse pas l’entendre elle”. “Dans mon équipe, on a travaillé sur l’amélioration du rendez-vous”, confie Elisabeth. “Quand ils utilisent les outils TytoCare, ça dure environ 15 minutes et les personnes perdent du temps à comprendre comment utiliser le dispositif ; on a proposé un code couleur avec des gommettes et des panneaux explicatifs. On a également travaillé sur des paravents et une boîte de transports améliorée avec des compartiments”.
Le 4ème jour, les équipes ont présenté leurs projets lors d’une restitution devant les partenaires. “Ils ont apprécié le fait que je sache coder et faire de la modélisation 3D”, note Elisabeth. “Ils ont également aimé le fait qu’on sache s’approprier le sujet, qu’on soit efficaces, que l’on prenne les choses en main”. “Ils ont par ailleurs été impressionnés par mon dessin”, s’amuse Audrey.





Un bilan très positif
Interrogées sur le profil des étudiant·es américain·es et leur manière d’aborder le design, les 2 étudiantes notent qu’“Ils étaient tous super avenants et enthousiastes, de différents départements de l’école et de profils et origines variés. On se rejoignait pas mal sur la méthodologie, notamment en utilisant des cartes mentales, avant de passer au maquettage et au prototype”. “Il y avait une belle énergie de travail, on courait dans tous les sens”, s’enthousiasme Audrey. “Avant de constituer les groupes, on a fait un grand brainstorming et il n’y avait pas de compétition entre nous”, remarque Elisabeth. “Un aspect différent dans la manière de travailler est que les Américains vont beaucoup plus vite à la conception”, ajoute Audrey.
Quant à l’apport d’une telle expérience, pour Audrey, “le fait de parler anglais tout du long m’a donné la confiance. Par ailleurs, concernant NYU, c’est bien de voir qu’il y a un suivi et que l’on va vers les gens.” Pour Elisabeth, “C’était bien de travailler avec une très grosse structure, encore plus grande que le CHRU, et qui travaille avec plein de partenaires. J’ai bien aimé leur dispositif, je trouverais cela intéressant d’implanter quelque chose de similaire en France.”


Une profusion de musées
Dans leur temps libre, les étudiantes ont visité pas moins de 6 musées, du MAD au MET en passant par Cooper Hewitt. “Au Museum of Design (MAD), il y avait une expo sur la maternité et c’était justement le sujet de notre travail au 1er semestre : maternité et sommeil. C’est celui qui nous a le plus plu d’un point de vue du design : scénographie riche, expos super, objets design. Au Cooper Hewitt, il y avait une expo sur le son qu’on a bien aimée car elle était très interactive.” Le coup de cœur d’Audrey a été pour l’American Museum of Natural History “car il y avait une fourmilière géante avec des fourmis coupe-feuilles !” Et celui d’Elisabeth, le Museum of Modern Art (MOMA), “car le bâtiment m’impressionne”.
