Journée d'étude : Non mixité, self-défense : À propos de quelques outils de l'émancipation féministe

Ouverte sur réservation uniquement
(RSVP à vanessa.desclaux@gmail.com et vaninagere@gmail.com

La journée a été conçue et organisée en partenariat
entre l’ENSAD Nancy et l’ENSA Dijon Art & Designpar Vanessa Desclaux et Vanina Géré.

La journée sera suivie de deux journées d’ateliers de self-défense féministe et communication non-violente, à destination des étudiant.e.s de l’ENSAD Nancy et l’ENSA Dijon

La violence que les femmes rencontrent est omniprésente : c’est pourquoi il est clair que la résistance à cette violence doit être organisée à tous les niveaux. […] Les stratégies les plus efficaces sont celles que les femmes conçoivent lorsqu’elles prennent elles-mêmes les choses en main. Parmi les tactiques qui réussissent le mieux, on compte l’ouverture de foyers autogérés par leurs utilisatrices, plutôt que par les autorités ; l’organisation de cours de self-défense ; et la mise en place de manifestations largement inclusives comme les marches de Take Back the Night créées dans les années soixante-dix, ou celles qui ont été créées par les femmes indiennes contre le viol et les meurtres liés aux dots… […] Dans chacun des cas évoqués, c’est la décision prise par les femmes de riposter, de briser leur isolation, et de s’allier à d’autres femmes qui a été la clé du succès de leurs efforts.

Silvia Federici[i]

Quels sont les outils contemporains de l’émancipation et comment les transmettre?

La diffusion des cultures et savoir-faire militants historiques est-elle possible, et comment l’articuler à celle des pratiques militantes actuelles? Comment traverser les générations tout en réinventant les pratiques de résistance politique et de changement positif ? Au cours de cette journée d’étude sur l’émancipation féministe, Ces questions seront examinées au prisme des pratiques de la non-mixité et de la self-défense au cours de cette journée d’étude rassemblant militant.e.s, chercheu.r.se.s, artistes, travailleur.se.s de la culture.

Attestant bien plus un pragmatisme de la lutte qu’un programme politique unifié, la non-mixité est employée dans des secteurs très divers. Quelle est la pertinence sociopolitique des espaces non mixtes aujourd’hui ? Pourquoi font-ils retour/sont-ils rendus plus visibles actuellement ? Quelle a été leur fonction dans les mouvements de libération des femmes dans les années 1970 ? Moyen et moment de la conscientisation, de l’émancipation et de la formation, la non-mixité propose des systèmes d’organisation égalitaires et bienveillants ; cette journée permettra d’exposer quelques exemples des milieux dans lesquelles elle peut, et a pu, se déployer.

 

Intervenant.e.s :

Justine Betems (étudiante en art à l’ENSA Dijon)

Charlotte Carteret (artiste, collectif BESTE)

Géraldine Gourbe (historienne de l’art et philosophe, associée au programme de recherche de l’ENSA Dijon) 

Chloé Maillet (artiste, historienne de l’art) 

Sharone Omankoy (militante dans le secteur de la santé) 

Veg (fondateur de MU body arts, militant) 

 

Modératrices/discutantes :

Vanessa Desclaux (coordinatrice de la recherche, enseignante en histoire et théorie des arts, ENSA Dijon)

Vanina Géré (enseignante en histoire et théorie des arts, ENSAD Nancy)

Les intervenant.e.s :

Justine Betems est étudiante en 5ème année art, à l’ENSA Dijon, et pratique le Roller Derby.

Charlotte Carteret est artiste et activiste féministe, qui vit et travaille entre Genève et Dijon. Elle a fondé le collectif BESTE, réseau solidaire d’artistes s’organisant non-mixité choisie.

Géraldine Gourbe a soutenu une thèse en esthétique à l’Université Nanterre/Grand Ouest.  Elle a enseigné la philosophie de l’art à l’Université de Metz, à Sciences Politiques Paris et aux écoles d’art de Marseille et d’Annecy. Elle est chercheure associée à l’Ecole Nationale Supérieure d’art de Dijon. Depuis 2007, elle publie sur la scène artistique de Los Angeles, les pédagogies radicales, les communautés artistiques. Depuis 2015, elle développe avec Florence Ostende une recherche curatoriale sur la contre-culture française de 1947 à 1964 (exposition À propos de Nice au MAMAC). Elle prépare pour 2018 une relecture du minimalisme californien notamment grâce à l’œuvre des années 60 du sculpteur Judy Chicago. Cette exposition sera présentée au Consortium et à la Villa Arson (avec un catalogue publié par les Presses du réel).

Chloé Maillet est historienne et artiste visuelle en duo avec Louise Hervé. Auteure d’une thèse de l’EHESS sur la parenté hagiographique médiévale sous la direction de Jean-Claude Schmitt (publiée chez Brepols publishers en 2014), elle s’est spécialisée dans les questions de genre et de parenté dans la culture visuelle et cléricale. Elle a été chercheuse post-doctorante au musée du quai Branly en 2015-2016, enseigne à l’ESBA TALM Angers, à l’UCO Angers et à l’université Paris Diderot ; elle a publié dans des revues scientifiques historiques et anthropologiques. Elle a publié en duo avec Louise Hervé Attraction Etrange (JRP Ringier, 2013), Spectacles sans objet (Editions P, 2014), et présenté des expositions collectives et monographiques au Royaume Uni, au Danemark, en Suisse, au Canada et en France.

Sharone Omankoy est bloggeuse  afroféministe et travailleuse sociale. Elle tient un tumblr, le Kitambala Agité, où elle aborde des sujets qui lui tiennent à cœur : le rapport au corps, la santé sexuelle, l’intimité, le bien-être à la lumière de ses expériences personnelles.  Elle est également impliquée depuis 9 ans dans la lutte contre le VIH-sida.

Veg est militant, artiste. Il a fondé MU Body Arts.

Quelques références

BUTLER, Judith. La vie psychique du pouvoir. L’assujettissement en théories. Éditions Léo Scheer, 2002. Trad. française

DORLIN, Elsa. Se défendre. Une philosophie de la violence. Paris : Zones, 2017.

EDWIGE, Millery et Loup Wollf. Observatoire de l’égalité entre femmes et hommes dans la culture et la communication. Ministère de la Culture et de la communication, Département des études, de la prospective et des statistiques, 2017.

FEDERICI, Silvia. « Feminism And the Politics of the Commons », in Craig Hughes, Stevie Peace and Kevin Van Meter for the Team Colors Collective, Uses of a WorldWind, Movement, Movements, and Contemporary Radical Currents in the United States, AK Press, 2010.

FLEMING, Jacky. Be a Bloody Train Driver. Penguin Books, 1991.

FRAISSE, Geneviève. Muse de la raison : démocratie et exclusion des femmes en France. Gallimard, 1995.

GOFFMAN, Erving. Mise en scène de la vie quotidienne, t. 1 la Présentation de soi. Éditions de Minuit, 1973.

HESS, Charlotte et Schaepelynck, Valentin. « Institution, expérimentation, émancipation : autour de la pédagogie institutionnelle ». Tracés. Revue de Sciences humaines, n°25, 2013, p. 125-146.

HOOKS, bell. Ne suis-je pas une femme ? Éditions Cambourakis, 2015. Trad. de l’anglais par Olga Potot.

Teaching to Transgress : Education as the Practice of Freedom. Routledge, 1994.

LEBOVICI, Elisabeth. Ce que le sida m’a fait : art et activisme à la fin du XXe siècle. JRP/Ringier, 2017.

LESTRADE, Didier. ACT UP : une histoire. Éditions Denoël, 2000, 2017.

LORDE, Audre. Sister Outsider, essais et propos d’Audre Lorde (traduction française), Mamamélis, 2003.

REILLY, Maura (dir.) Women in the Art World : A Special Issue, ArtNews, juin 2015. [En ligne] https://www.artnews.com/toc/june-2015/, dernière visite le 29/06/2016.

Rosenberg, Marshall B. Dénouer les conflits par la communication non-violente. Éditions Jouvence, 2006.

SCHULMAN, Sarah. Conflict is not Abuse : Overstating Harm, Community Responsibility, and the Duty of Repair. Arsenal Pulp Press, 2016.

ZEILINGER, Irene. Non c’est non ! Petit manuel d’autodéfense à l’usage de toutes les femmes qui en ont marre de se faire emmerder sans rien dire. Éditions La Découverte, 2008.

 

Site français des formateurs et formatrices certifiés en Communication non-violente

http://www.cnvformations.fr/index.php?m=10&ms=118

Site de l’association Garance

http://www.garance.be/cms/

Site des Roller Derby Panthers

http://www.roller-derby-panthers.fr/derby-life/faq-panthers-ont-choix-detre-ligue-100-feminine/

 

Ill. 1 Jacky Fleming, Be a Bloody Train Driver, 1991, Penguin Books.

 

Ill. 2 Punch or the London Charivari, « The Suffragette that Knew Jiu-Jitsu », 6 juillet 1910.

 

 

[i] Given the pervasive character of the violence women are confronting, it is clear that resistance to it must be organized on all fronts. […] More effective are the strategies that women devise when they take things in their own hands. Particularly successful tactics include opening shelters controlled not by the authorities but by the women who use them ; organizing self-defense classes ; and building broadly inclusive demonstrations like Take Back the Night marches that originated in the ‘70s, or the marches organized by women in India against rape and dowry murders… […] In each case, women’s decisions to fight back, to break their isolation, and to join with other women have been vital to the success of these efforts. (Trad. Géré.)